TotalEnergies : 70 % des Français veulent taxer ses superprofits

Un sondage Institut Veblen révèle que 70 % des Français sont favorables à une taxe sur les superprofits pétroliers, malgré un attachement réel à TotalEnergies.

TotalEnergies : 70 % des Français veulent taxer ses superprofits

Un sondage publié fin mai 2026 par l’Institut Veblen (réalisé par Verian du 13 au 15 mai, sur 1 000 personnes représentatives des 18 ans et plus) dresse un portrait sans ambiguïté de l’opinion française sur l’énergie et les profits pétroliers. BFM Business en dévoile les grandes lignes : les Français reconnaissent la valeur de TotalEnergies, mais réclament une redistribution de ses bénéfices exceptionnels. Le tout dans un contexte de guerre au Moyen-Orient qui pèse directement sur les budgets des ménages.

Un moral en berne face à la hausse des prix de l’énergie

Les mots choisis par les sondés pour décrire leur état d’esprit sont révélateurs : 44 % se disent inquiets, 21 % en colère, 16 % résignés. Difficile d’y lire de la sérénité.

La raison est concrète : 78 % affirment que la hausse des prix du pétrole a un impact significatif sur leur budget. Ce n’est pas une abstraction. C’est la facture à la pompe, le chauffage, les courses.

Face aux profits engrangés par les majors pétrolières dans ce contexte, les réactions sont tranchées :

  • 40 % jugent ces profits “choquants”
  • 23 % les considèrent “injustes”
  • Seule une minorité les accepte sans réserve

TotalEnergies : chérie mais sous pression

Deux tiers des Français (66 %) estiment que le pays a de la chance d’avoir TotalEnergies sur son sol. C’est un chiffre qui compte. Il montre qu’il n’y a pas de rejet frontal du groupe, ni de volonté de le voir disparaître.

Mais la suite du sondage nuance fortement ce soutien. Concernant les profits exceptionnels de TotalEnergies :

  • 40 % les trouvent “compréhensibles mais dérangeants”
  • 24 % les jugent “inacceptables tant que les prix de l’énergie restent élevés”
  • 11 % les considèrent “inacceptables quelles que soient les circonstances”

Les chiffres donnent le contexte : fin avril 2026, TotalEnergies a annoncé un bénéfice net de 5,8 milliards de dollars au premier trimestre, soit une hausse de 51 % sur un an. C’est un résultat colossal à un moment où les Français peinent à boucler leur budget énergie.

La réponse du groupe a été un plafonnement des prix des carburants dans ses stations. Résultat : 57 % des sondés estiment que TotalEnergies ne contribue pas à hauteur de ce qu’il pourrait. Et 54 % jugent ce plafonnement insuffisant. Pire encore : seulement 17 % déclarent en avoir réellement bénéficié.

70 % pour la taxe sur les superprofits : un consensus rare

Le chiffre central du sondage est celui-là : 70 % des Français se disent favorables à une taxe sur les profits exceptionnels des entreprises pétrolières. C’est un consensus inhabituel sur un sujet fiscal.

Et ce n’est pas tout :

  • 73 % soutiennent une taxe ciblant les superprofits réalisés hors de France
  • 76 % réclament une initiative européenne coordonnée sur le sujet

Cette dernière proportion est particulièrement significative. Plusieurs pays de l’Union européenne (Allemagne, Espagne, Italie, Portugal, Autriche) poussent déjà dans ce sens. L’opinion française s’aligne sur cette dynamique continentale.

Du côté du gouvernement français, la position reste floue. L’exécutif a indiqué ne “rien s’interdire” en la matière, tout en appelant à ne pas “tomber dans le Total bashing”. Une formulation qui laisse la porte ouverte sans franchir le pas. Pour une lecture plus large du débat sur la transition énergétique et les positions des analystes sectoriels, j’ai publié un décryptage sur ce que dit une analyste de la Société Générale sur le pétrole et le gaz.

Ce que ça change pour toi

Si tu es dirigeant d’une TPE/PME ou que tu suis l’actualité fiscale, ce débat sur les superprofits n’est pas anodin. Il illustre une tendance de fond : quand les inégalités de revenus entre grandes entreprises et ménages deviennent trop visibles, la pression politique pour une taxation extraordinaire s’intensifie.

Concrètement, une taxe européenne sur les superprofits pétroliers changerait le paysage fiscal des grandes compagnies, mais aussi potentiellement le niveau des prix à la pompe si ces entreprises répercutent la charge. Pour les entreprises dont le modèle dépend du coût de l’énergie, le sujet mérite d’être suivi.

Les Français veulent du renouvelable et du nucléaire, pas du pétrole

Le sondage va plus loin que la seule question de la taxation. Il pose la question des priorités énergétiques pour l’avenir.

Quand on demande aux Français quelles énergies sont “d’avenir” :

  • 85 % citent les énergies renouvelables
  • 70 % citent le nucléaire
  • 27 % seulement mentionnent le gaz
  • 22 % le pétrole
  • 7 % le charbon

C’est un écart net. Le fossile n’est plus perçu comme une énergie d’avenir par une large majorité de la population. Et 88 % des sondés reconnaissent que la France reste dépendante des énergies fossiles, ce qui crée une tension entre la situation actuelle et les aspirations.

Les priorités d’action identifiées par les Français :

  • 36 % : accélérer le déploiement des renouvelables et du nucléaire
  • 20 % : aider à l’achat de véhicules non thermiques et investir dans les transports en commun

Sur la question de la responsabilité, 46 % pointent l’État et les pouvoirs publics comme premiers acteurs. Et 54 % reprochent à l’État de ne pas investir suffisamment dans l’électrification et l’efficacité énergétique (rénovation thermique, pompes à chaleur, etc.).

Mon avis

À mon avis, ce sondage reflète une tension qui ne va pas se résoudre facilement. Les Français veulent TotalEnergies, mais pas ses profits à ce niveau quand leur budget souffre. C’est une position cohérente, pas contradictoire. Ce qui me frappe, c’est le score du soutien à une initiative européenne (76 %) : ça montre que les gens comprennent que le problème dépasse les frontières nationales. Le gouvernement devra se positionner clairement, car l’ambiguïté ne tiendra pas longtemps face à des chiffres aussi tranchés.

FAQ

Que révèle le sondage Institut Veblen sur TotalEnergies ?

Le sondage, réalisé par Verian du 13 au 15 mai 2026 auprès de 1 000 personnes, montre que 66 % des Français estiment que le pays a de la chance d’avoir TotalEnergies. Mais 57 % jugent que le groupe ne contribue pas suffisamment à hauteur de ses profits, et 70 % sont favorables à une taxe sur ses superprofits.

Quel est le bénéfice de TotalEnergies au premier trimestre 2026 ?

TotalEnergies a annoncé fin avril 2026 un bénéfice net de 5,8 milliards de dollars au premier trimestre, soit une hausse de 51 % par rapport à la même période un an plus tôt.

Pourquoi 70 % des Français veulent taxer les superprofits pétroliers ?

Selon le sondage, 78 % des Français ressentent un impact direct de la hausse des prix du pétrole sur leur budget. Dans ce contexte, les profits exceptionnels des compagnies pétrolières sont perçus comme choquants ou injustes par une large part de la population, ce qui explique le soutien massif à une taxe spécifique.

Quelles énergies les Français considèrent-ils comme “d’avenir” ?

85 % citent les énergies renouvelables et 70 % le nucléaire comme énergies d’avenir. En revanche, seulement 22 % mentionnent le pétrole et 7 % le charbon. Le fossile est clairement perçu comme une énergie du passé par la majorité des sondés.

Une taxe européenne sur les superprofits pétroliers est-elle envisageable ?

76 % des Français soutiennent une initiative européenne en ce sens. Plusieurs pays de l’UE (Allemagne, Espagne, Italie, Portugal, Autriche) poussent déjà dans cette direction. Le gouvernement français a indiqué ne “rien s’interdire”, sans prendre d’engagement ferme à ce stade.

Information et avertissement

Cet article s’appuie sur les données du sondage Institut Veblen / Verian publié le 26 mai 2026 et relayé par BFM Business. Les chiffres cités sont issus de cette source. Cet article est rédigé à titre informatif et pédagogique : il ne constitue pas un conseil fiscal, juridique ou en investissement. Pour toute décision liée à la fiscalité de ton entreprise, consulte un expert-comptable ou un conseiller juridique qualifié.

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